Il y a bien longtemps, dans une grande maison d’un petit village du Cantal, vivait une famille de 5 personnes : c’était la famille Raisinsec.
Dans cette famille, il y avait : le père, Pruneau, la mère, Litchi, la grande sœur Amandine, le grand frère Pépino et le petit dernier que l’on avait surnommé Gourmando, car il était très gourmand.
Gourmando, tout petit déjà engloutissait ses repas, se léchait les lèvres repues de lait, récupérait quelques miettes sur la table, chipait les petits pains au lait de sa grande sœur et de son grand frère.
« Il est insatiable, » disait Litchi. Il se faisait gronder mais il ne pouvait s’empêcher de dévorer, même sans faim, ce qui traînait sur la table dans la cuisine ou la salle à manger.
Litchi avait beau ranger, cacher la nourriture, dissimuler les friandises, placer en hauteur les différents ingrédients, il finissait toujours par trouver les cachettes. Dès que sa mère avait le dos tourné, s’il restait un tout petit morceau de gâteau, il le chapardait en douce ; il ne fallait rien laisser traîner car sitôt dans sa bouche : « gobe-gobé », il n’y avait plus de trace.
Tous les jours, c’était pareil, avec voracité, il mangeait mais c’était surtout les aliments sucrés qu’il préférait. Une brioche par-ci, un morceau de chocolat par-là, et
« gobe-gobé » tout avait disparu.
Dans la famille tout le monde connaissait son penchant pour les friandises et les sucreries.
Un jour, son frère Pépino lui prépara une drôle de surprise car il voulait donner une leçon à son petit frère.
Son père Pruneau, sa mère Litchi, sa grande sœur Amandine et son Pépino l’attendaient autour de la table. Devant son assiette, trônait un énorme paquet, bien enveloppé de papier rouge avec un joli nœud bleu. Il écarquilla les yeux devant ce spectacle pour lui tout seul.
Il ouvrit rapidement le cadeau et trouva dedans un énorme gâteau entouré de bonbons aux multiples couleurs. Trois couches différentes collées par de la crème blanche, en
forme de cône s’offraient à lui. C’était une belle montagne sucrée et appétissante ! Il bavait d’envie de la déguster rapidement.
Il prit d’abord une part pour la goûter, sans s’occuper de sa famille autour de lui. Et gobe-gobé, d’un coup de mâchoire le morceau fut enfoui, englouti rapidement.
C’était un vrai délice, il en reprit une part, plus grosse cette fois ci et gobe-gobé l’avala encore plus vite que la première fois.
Ce n’était plus possible, pour lui, de s’arrêter devant cette douceur, qui commençait un peu à l’écœurer mais pas assez pour le stopper dans son envie de continuer. Sa famille le regarda d’abord avec stupeur et ensuite avec inquiétude.
Il reprit un troisième morceau, un quatrième, un cinquième tous gobe gobé enfournés et aussitôt engloutis. Les bonbons étaient avalés tout ronds au risque de s’étouffer.
Autour de la table, on le regardait pour l’instant sans intervenir se demandant quand il s’arrêterait, puis, Pruneau le père lui demanda d’arrêter de s’engouffrer : ce fut un arrêt nécessaire et salutaire au vu de son visage qui commençait à prendre de drôles de couleur, du rouge vif, on passa au vert et enfin au blanc qui s’installa sur sa peau.
Le gâteau était presque terminé, il ne restait plus qu’une part, que la famille se réserva pour plus tard.
Gourmando se tassa sur sa chaise et faillit tomber. Juste à temps, son père le rattrapa et l’emmena dans sa chambre pour le poser sur son lit à demi inconscient.
Le médecin prévenu arriva aussitôt et déclara une belle indigestion avec 3 jours de diète pour remède.
Gourmando accepta le verdict car il était vraiment mal en point.
Au bout des 3 jours, après des douleurs importantes, et des nuits difficiles, il prit la décision de ne plus se jeter sur les friandises, pâtisseries et autres choses bien sucrées et se promit de guérir de ses tentations : c’est sûr, il n’en mangerait plus !
Il tint bon, car on en parle encore dans son village où il fit la fierté des villageois.