Monsieur et madame Désir vivaient au fin fond d’un bois. Monsieur était ébéniste et Madame « champignonniste ».
Un beau matin, ils décidèrent de changer de vie.
Lui voulait être patron d’une grande entreprise.
Quant à Madame Désir, elle voulait devenir tricoteuse.
Les voilà arrivés dans la capitale de Paris !
En se baladant avec son époux, elle vit dans une boutique Une machine à tricoter, dernier cri, à un prix exorbitant !
Elle avait envie de cette machine pour tricoter des petits bonnets, mille et mille petits bonnets !
Elle pourrait ainsi en faire son commerce !
C’était bien plus qu’un rêve. Monsieur Désir dit à sa femme :
Monsieur Désir :
Désolé, chérie, je dois m’absenter. Devenir chef d’entreprise, ça ne se fait pas en claquant des doigts !
Du coup, je serai absent pendant la journée.
Madame Désir :
Ah, vraiment ? Pour une fois qu’on vient à Paris !
Monsieur Désir :
Pardon, mais c’est pour la bonne cause ! Rentre à la maison si tu préfères !
Madame Désir :
Non. Je t’attendrai dans ce café, là, au bout de la rue.
Monsieur Désir :
D’accord. A plus tard, madame Désir !
Madame Désir :
A plus tard, monsieur Désir !
Monsieur Désir :
Pas de bêtises, madame Désir ! Je t’aime fort.
Madame Désir :
Pas de bêtises, monsieur Désir ! Je t’aime fort !
Monsieur Désir :
Bisou, madame Désir !
Madame Désir :
Bisou, monsieur Désir !
Ils s’embrassent, puis monsieur Désir file…
Madame Désir passa donc la journée au café, à boire vingt-huit chocolats chauds, à faire pipi,
mais surtout elle rêva de la machine à tricoter, si belle et si chère.
La nuit commençait tout doucement à tomber lorsque Monsieur Désir réapparut. Il était exactement 18H30.
Madame Désir était si triste, et en colère aussi.
Madame Désir :
Enfin, monsieur Désir, tu en a mis du temps ! Il aurait pu m’arriver quelque chose, et puis, j’en ai assez du chocolat chaud !
Monsieur Désir :
Je te demande pardon, madame Désir. Mais tu aurais dû boire autre chose, pour varier les plaisirs !
Madame Désir :
Ah oui, c’est vrai ! Quoi par exemple ?
Monsieur Désir :
Du chocolat froid, madame Désir !
Madame Désir :
Naturellement, où avais-je la tête ? Merci pour cet excellent conseil, monsieur Désir ! Tout de même, je suis en colère. Aujourd’hui, nous devions fêter notre amour, et tu as oublié !
Monsieur Désir (malicieux) :
Crois-tu, madame Désir ? Au lieu de râler, prends ton manteau ! Je t’emmène quelque part !
A la grande surprise de madame, il lui remit les clefs de la boutique où se trouvaient les machines à tricoter. Dans le fond de la salle se tenait un petit bar accompagné de quelques tables où trônait un menu ; omelette aux champignons, en dessert éclairs au café, au chocolat ou bien Saint-Honoré, les gâteaux favoris de madame Désir.
Celle-ci en avait les larmes aux yeux, des larmes d’émotion, de joie et d’étonnement.
Monsieur Désir :
Ne pleure pas ma chérie, rien n’est trop beau pour toi ! Sache que l’autre jour, après déjeuner j’ai aperçu dans notre jardin, à trois pas d’un arbre, quelque chose qui brillait. En m’approchant, j’ai vu que c’étaient les perles d’un collier qui dépassait. Sûrement une fouine ou un blaireau, aura « décaché » ce fabuleux trésor en voulant faire son terrier ! Je me suis mis à continuer à déterrer : j’ai donc trouvé des bijoux mais pas seulement. Des écus d’or aussi ! Ne t’inquiète pas, j’ai déposé le trésor à la banque, bien au chaud. J’ai signé la paperasse aujourd’hui, tout est en ordre ! Et donc…
Madame Désir :
… Nous sommes riches, monsieur Désir ?
Monsieur Désir :
Oui ! Très riches, madame Désir ! Je suis à présent chef d’entreprise, et toi tricoteuse dans ta propre boutique. N’est-ce pas merveilleux ?
Madame Désir :
Oh oui ! Je t’aime fort, monsieur Désir ! Bisou ?
Monsieur Désir :
Oui, bisou. Je t’aime fort, madame Désir !
Ainsi, monsieur et madame Désir purent changer de vie, pour le meilleur et… pour le meilleur !
Ils s’embrassent alors qu’une symphonie de machines à tricoter envahit l’espace sonore…