Aussi blanche que la neige, Princesse moi Blanche, oui je suis la princesse Blanche ! Moitié de princesse je devrais dire : mon père est le roi du pays des géants presque aussi grands que les fourmis ; ma mère est la plus jolie des grenouilles vertes, avec son tatouage de lunettes en forme de trèfle et ses oreilles de chou-fleur !
J’ai de grands yeux châtains, une bouche en forme de cœur. Je suis belle et intelligente, mais trop sûre de moi ! Quand je suis pressée, je n’ai pas le temps d’ouvrir les portes ! Je suis la fille du roi, non ??!! les portes devraient s’ouvrir automatiquement sur mon passage ! Mais elles préfèrent s’écraser sur mon joli nez blanc ! Mon gros nez rouge, plutôt, « grâce » à elles, ces méchantes portes mille fois trop lourdes ! Ah, vraiment, merci, les portes, pour mon nez en forme de patate !! …
Oui, d’accord, je suis un peu étourdie, mais il y a une raison à cela : j’ai rencontré Boncœur, le prince de l’amour !
Oh ! Mon prince, si beau, si intelligent, aux cheveux d’or et argent… Mon prince dont les trois yeux sont des rayons lumineux ! Sa bouche en forme d’étoile laisse deviner une grande sagesse… Et son nez… Ah, son nez ! Il en sort un parfum délicat de miel et de lilas, quelle merveille !
Vous ai-je parlé, mes enfants, de mes amis, qui sont également beaux et intelligents ? Il y a le loup-tigre au grand cœur, le lion-hibou, mais aussi Barbara la scorpionne et Cathy le papillon… Mince, j’ai failli oublier Glade la brebis et Claudette le panda ! Nous sommes les sept mousquetaires, les sept doigts de la main !
En vérité, je nage dans le bonheur ! J’aime tellement mes parents, j’ai de si bons amis et je m’amuse sans arrêt malgré toutes ces méchantes portes ! Oui, tout serait parfait sans mon ennemi, le dragon-vampire aux yeux rouges : Mortibus !
Mortibus est terrible, il veut tuer tout le monde, c’est plus fort que lui ! C’est un beau dragon-vampire, de couleur noir corbeau, mais il me fait très peur ! Il crache du feu par la bouche et par l’arrière, et ne se fatigue pas de brûler les maisons, les villes, les pays qu’il traverse, et tous les gens qui vivent là…
Aujourd’hui, je le sens, Mortibus va nous attaquer avec sa fidèle araignée !
Mes amis et moi, nous les attendons pour les surprendre !
Poum poum poum, quel est ce bruit lourd qui se rapproche ?
Mais oui, c’est bien eux ! Voilà Mortibus accompagné de l’araignée-Hector !
Comme ils ne nous voient pas, nous passons les premiers à l’attaque !
Cathy le papillon vole devant les yeux du dragon pour l’aveugler… Son plan marche à merveille : Mortibus trébuche et met un genou à terre ! Puis, Barbara le chatouille et le pique de son dard empoisonné.
Mortibus n’est pas mort, hélas, et gonfle un peu les joues pour essayer de cracher du feu… Aussi, pendant que Cathy et Barbara continuent de le distraire, je me glisse tout près de lui, dégaine mon épée de princesse, et transperce son cœur d’un grand coup !
Je cours vite sur le côté. Mortibus essaie alors d’ouvrir la bouche, mais finit par tomber, et meurt avant de nous brûler. Ouf, nous l’avons échappé belle !
Evidemment, l’araignée-Hector, ce grand peureux, a pris la fuite sans qu’on s’en aperçoive !
Et donc, mes bons amis et moi, nous, les sept mousquetaires, pour fêter la victoire, nous faisons un goûter de rêve, un véritable festin, et chantons et dansons jusqu’au coucher du soleil !